Holden's blog
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Poème à Lou
Certes, Comic Strip est un bijou pop (si t'es à jeun, tu tombes en syncope). Certes, Melody Nel-sonne bien en avance sur son temps. Mais, ne vous déplaise, le sommet de l'oeuvre du Gainsb' se situe ailleurs. Vers la fin de L'Homme à la tête de chou, pour être plus précis. Drainant des obsessions bukowskiennes, l'album part sur de hautes bases, entre Kangourou Club et Malibu. Construit de façon très cinématographique, il suit son cours, entre flashbacks et flash-forwards, talkover et reggae blanc. Jusqu'à son climax, le fatal enchaînement Variations sur Marilou/ Meurtre à l'extincteur/ Marilou sous la neige. Variations. 8 minutes de divagations hypersexuées, de vertigineuses volutes de mots et de sons. Meurtre. Interlude fatidique. Neige. Guitares (mari)lou reediennes (on pense bien sûr à Berlin) et texte tranchant comme une lame de rasoir. Eros et Thanatos. Catharsis et jean Levis. Les larmes en forme de final cafardeux à souhait (Lunatic Asylum) n'y viendront rien changer. On tient ici l'alpha et l'oméga, la sainte trinité gainsbourienne.
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Cinéma : The Queen de Stephen Frears
Quand le cinéma s’attaque à des sujets ou personnages réels, au « biopic » comme on dit de nos jours, il court souvent au désastre... En effet, comment résumer la vie –généralement riche et complexe- d’un individu en 1h30 ? Généralement, les scénaristes vont privilégier des moments-clés (ou supposés tels) de la vie du « personnage » : le live à Folsom Prison de Johnny Cash dans Walk The Line, par exemple... Premier écueil, qui se révèle souvent infranchissable. Car ces moments-clés, tout le monde les a déjà plus ou moins fantasmés, et le résultat sur l’écran est au mieux une pâle reproduction de ces fantasmes, l’imagination étant toujours plus forte et évocatrice que la réalité. On peut tout au plus ressentir une vague émotion narcissique à retrouver des situations déjà connues mais rien de fondamentalement constructif. En outre, ces supposés « milestones » d’une vie ne sont pas forcément les plus révélateurs de ce qu’est un être humain, dont la vérité est parfois mieux percée à jour à travers précisément les moments de creux. Ce qu’a bien compris Gus Van Sant dans Last Days, où il ne se passe littéralement rien mais qui en dit sans doute plus long sur l’état mental du simili-Kurt Cobain qu’une série de vignettes platement illustratives sur la vie et l’oeuvre du héros. Oh , bien sûr, ces films s’assurent de par leur sujet même un score confortable au box-office. Le “fan” de Charlie Parker, Johnny Cash ou Ray Charles ira voir respectivement Bird, Walk The Line ou Ray. Ne serait-ce que par curiosité, voire pour dire que c’est nul. Et puis, en tant que fan qui se tient au courant de l’actualité de son idole, il ne peut laisser passer ça. Et les néophytes y verront une bonne occasion de se faire une idée –malheureusement ô combien superficielle- de qui est le bonhomme. Le cinéaste procède souvent à un habile compromis : à la fois aller dans le sens des attentes du spectateur (les scènes immanquables, l’hagiographie à peine masquée du personnage) et –encore pire, le plus souvent- les subvertir. C’est qu’il ne faut pas donner dans le cliché, hein ! Ce serait pire que tout. Alors, on prend le contrepied, envers et contre tout : hé oui, Ray Charles n’était pas blanc-bleu (il était même noir). Et Johnny Cash était un affreux drogué qui parle tout seul et se prend des bâches avec June pendant les ¾ du film. Mais au final, c’est quand même des gentils hein, et des artistes importants avec ça. Parce qu’il ne faut pas aller trop loin dans la subversion non plus, on est à Hollywood, baby ! L’acteur, plus ou moins talentueux (là, il faut être honnête : certains, comme Joaquin Phoenix, sont très bons) sort sa performance à oscars, immanquablement saluée par des gerbes de « une transformation physique impressionnante » ou autres « il Habite (avec un grand H bien sûr) le personnage » dans Studio Magazine. Ajoutez à cela un zeste d’émotion, une pincée d’humour (parce qu’on a trop de recul par rapport au sujet, si écrasant soit-il, tu vois) et une grosse louche d’explications psychologiques indignes du pire cancre de première année de DEUG de psycho : bah, il est torturé (car le héros de biopic, il faut bien le savoir, est toujours torturé) parce qu’il a eu une enfance malheureuse, quoi… Résultat de cette petite cuisine : des films trop académiques (Bird), mièvres et convenus (Walk The Line) ou encore fades et sans âmes (The Hours, variation arty et prétentieuse autour de Virginia Woolf, qui eût mérité mieux). Les cinéastes plus malins donnent dans le docu-fiction (Rude Boy : un faux roadie des Clash au milieu de vrais Clash qui donnent de vrais concerts), le documentaire tout court (Scorsese et ses passionnants The Last Waltz et No Direction Home) ou le biopic d’un faux personnage historique (le brillant Zelig de Woody Allen). Ou assument tout simplement faire de la fiction avec des personnages réels, comme –et j’en viens enfin à mon sujet du jour- Stephen Frears avec The Queen…
The Queen s’ouvre sur une scène où la reine (superbement campée par Helen Mirren, qui, pour le coup, Habite vraiment le personnage) se fait faire le portrait par un peintre de cour. Ce portrait fidèle et officiel placé en exergue est une habile façon de présenter ce dont le film va très rapidement se détacher, à savoir un réalisme étouffant. La distanciation se fait par le biais de l’humour, avec quelques répliques et situations totalement improbables et délicieusement bigger than life. Elle s’exerce aussi par une subversion des codes vestimentaires : dans le premier quart d’heure, Tony Blair apparaît chez lui vêtu d’un maillot de football à son nom tandis que le duc d’Edimbourg porte à merveille le kilt. Nous allons donc entrer dans une sorte de carnaval où les rois sont les fous et où la fonction et le statut sont clairement séparés. Le film s’évade du carcan de la reconstitution historique, à l’image la reine s’égarant en 4/4 dans les Highlands écossaises dans une autre scène hautement improbable. Ces personnages réels sont donc transformés en personnages de fiction et voir le film autrement que comme une fiction serait bien sûr faire preuve d’un manque de recul élementaire. Ici, les personnages sont vus en tant qu’êtres humains, pas que simples pions politiques. Mais –et c’est là que cela devient intéressant-, le propos reste éminemment politique et amène à s’interroger sur les rapports entre l’individu et le pouvoir (l’émotion versus le decorum), la tradition et la modernité, l’aristocratie et le peuple (avec feu Diana dans le rôle du go-between, de l’agent infiltré du peuple dans la monarchie). Chaque détail fait sens (le cerf royal tué par un roturier comme un symbole de la fin d’un règne…) Frears peut être vu comme un des derniers cinéastes classiques, avec un côté « savoir-faire artisanal » qu’on peut plus ou moins apprécier mais qui est en tout cas impressionnant. Tout est parfait, pensé, repensé, travaillé à l’extrême ici. Le filmage impressionnant de rigueur, qui ne prend un souffle épique que lors des scènes de chasse écossaises avec notamment un long travelling sur les landes à couper le souffle. Les images d’archives de Diana utilisées avec parcimonie, jamais redondantes. Le scénario parfait enfin, avec sa structure circulaire, le jeu de symétrie entre les personnages : deux personnages centraux plus ou moins antagonistes (la reine/Blair) mariés à des personnages secondaires caricaturaux qui attisent les tensions entre eux (l’épouse anti-royaliste de Blair/le réactionnaire duc d’Edimbourg) et entourés de conseillers à leur image, l’un un peu vieux jeu et dépassé (le conseiller de la reine dont le nom m’échappe), l’autre jeune, brillant et cynique (Alastair Campbell pour Blair). Ces personnages secondaires un peu outrés soulignent par contraste la complexité du personnage de la reine, qui effectivement règne en souveraine sur le film. Un personnage qui n’est plus en phase avec son époque, magnifiquement seul et dépassé. Il est ici question de la fin d’une époque, de décadence et, comme à chaque fois qu’il est question de décadence, c’est passionnant. Comme ce gros plan sur les mains ridées de la reine qui rangent maniaquement des stylos tout en téléphonant au premier ministre. On peut certes déplorer qu’une fois le film lancé, il ait tendance à rester sur des rails et à chuter un peu de tension. Néanmoins, The Queen est une oeuvre remarquablement subtile, Frears ayant soin de renvoyer les explications psychologiques trop sommaires évoquées plus haut au vestiaire en les faisant exprimer par des personnages peu crédibles (l’épouse de Blair affirmant que la supposée affection de son mari pour la reine serait dû à un manque de figure maternelle). Bref, ce film est avant tout une histoire de personnes, qui sont confrontées à des situations qui les remettent gravement en cause. Il ne s’agit nullement de défendre une cause politique : voir ça comme une interrogation sur « pour ou contre la monarchie » serait un grave hors sujet. Rien à voir non plus avec les lourdingues pensums à thèse d’un Costa-Gavras. A la frontière du biopic et du film historique, The Queen évite les pièges du premier tout en montrant plus de distance par rapport au genre du deuxième que, pour prendre un exemple récent, Le Vent se lève de Ken Loach. Bref en général quand on me dit, « viens voir ce film, ça a l’air intéressant, c’est sur tel ou tel personnage réel ou événement historique... » je prends mes jambes à mon cou, autant que devant le nouveau disque des Killers ou un Sedan-Gueugnon de football. Mais là, ça vaut largement le détour. Comme quoi... La semaine prochaine sort Mémoires de nos pères, un film de Clint Eastwood « sur ». Je tenterai peut-être ma chance... A plus.
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NO DIRECTION HOME  « No Direction Home », pour les non-dylanophiles, c’est une citation de « Like A Rolling Stone », chanson qui ouvre et termine le documentaire de Martin Scorsese, qui se focalise sur la première période du songwriter –le film prend fin après l’accident de moto de 1966. Un film à la documentation impressionnante, avec des images rares (Dylan et Johnny Cash, passablement défoncés, reprenant « I’m So Lonesome I Could Cry » de Hank Williams dans les loges, Dylan en jeune blanc-bec mal assuré jouant « Only A Pawn In Their Game » dans un champ à l’occasion d’un meeting en faveur des droits civiques, j’en passe et des meilleures) et des témoignages multiples et souvent passionnants : entre autres Joan Baez, le folkeux Pete Seeger, Al Kooper (guitariste raté qui s’est prétendu organiste parce qu’il voulait à tout prix jouer sur Highway 61 Revisited) , Suze Rotolo (alias miss la-fille-sur-la-pochette-de-Freewheelin’) et Allen Ginsberg, que l’on voyait déjà faire le mariole dans une chambre d’hôtel dans Don’t Look Back de D.A. Pennebaker, autre excellent documentaire sur Dylan, dont Scorsese recycle d’ailleurs quelques images, comme le fameux clip de « Subterranean Homesick Blues », copié récemment par notre Alain Chamfort national avec Patrick Eudeline en lieu et place de Ginsberg. Les intervenants ont le mérite de chercher plus à raconter leur rapport à l’individu et artiste Dylan que de donner dans l’hagiographie façon il était pas facile à vivre mais au fond c’était quand même un mec bien, travers classique du documentaire. Le film est commenté par un Dylan concentré et apparemment sincère, à qui il reste heureusement plus de neurones que les pauvres Ramones interviewés dans End Of The Century. Mais ce qui différencie ce film du documentaire lambda, c’est la tension dramatique qui le traverse. On reconnaît bien la patte de Scorsese, avec la dialectique ascension-chute qui sous-tend toute son oeuvre. L’histoire, chronologique, de Robert Zimmermann est adroitement entrecoupée, à des moments stratégiques, d’images live de la fameuse tournée « Judas » de 1966. Images montrant un Dylan camé jusqu’aux yeux, au bout du rouleau et hué par ses premiers fans en raison de son virage électrique. Habile contrepoint aux images du jeune homme plein d’avenir. Pourquoi Dylan a-t-il à un moment donné refusé de jouer le rôle de porte-parole d’une génération que fans et journalistes lui avaient tant collé à la peau ? Une question fort intéressante auquel Scorsese s’attelle longuement, en se gardant toutefois de donner une réponse trop unilatérale. Plus haletant que le soporifique Aviator, plus instructif sur l’histoire des Etats-Unis que Gangs of New York, mieux joué que les deux films susnommées (hé oui, Bob D, de par son côté cabot et le personnage qu’il se crée face à la caméra, est en quelque sorte un acteur, et un qui a quand même autrement plus de charisme que l’autre benêt de Di Caprio), No Direction Home est tout simplement le meilleur film de Scorsese depuis Casino, voire Les Affranchis.
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Wassup rockers?
Pour ma part, en style telegraphique : quelques jours en Ecosse. Aller a un concert a Glasgow. Se perdre dans une foret autour du Loch Ness. Rencontrer quelques illumines dont un qui dort 20 heures par jour. Etre heberge a Edimbourg par un etudiant en theologie (pas tres rock n'roll, certes). Revenir a Londres et dormir toute une journee. Sortir et se bourrer la gueule la veille d'un exam (ca c'est rock n'roll). Pendant ce temps, des amis ont rencontre un Carl Barat sous coke qui leur a parle en Espagnol dans un bar a Angel...
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CINEMA AGAIN

Avec sa tete de freak, Steve Buscemi est probablement un des meilleurs acteurs americains actuels. Steve Buscemi en quelques films : RESERVOIR DOGS (Tarantino-1992) : Mr Pink a son insu : "mais je ne suis pas gay!" FARGO (freres Cohen-1995) : un des deux memorables kidnappeurs losers. THE BIG LEBOWSKI (freres Cohen-1997) : second role inoubliable dans un film qui ne l'est pas moins. Meurt d'une crise cardiaque dans une rixe avec des nihilistes et a droit a une oraison funebre d'anthologie par Walter (John Goodman) GHOST WORLD (Terry Zwigoff-2001) : tres drole et touchant a la fois dans un role de collectionneur compulsif a la vie amoureuse difficile dans ce tres bon film que j'ai decouvert il y a peu. BIG FISH (2004-Burton) : encore un hilarant second role de poete reconverti dans le braquage de banque (!) dans ce film de Burton que je trouve sous-estime, et bien meilleur que l'insipide Charlie et la Chocolaterie.
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Chelsea Hotel
 I'd taken the cure and had just gotten through, Stayin' up for days in the Chelsea Hotel, Writin' "Sad-Eyed Lady of the Lowlands" for you. Bob Dylan, "Sara" I remember you well in the Chelsea Hotel/ You were taking so brave and so free/ Giving me head on the unmade bed/ While the limousines wait in the street/ Those were the reasons and that was New York/ I was running for the money and the flesh/ That was called love for the workers in song/ Probably still is for those of us left. Leonard Cohen, "Chelsea Hotel"
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EELS
Ce mec est genial. (Eels jouera a la Cigale le 29 juin. J'y serai)
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